Etablissement secondaire Coppet - Terre Sainte

 

Bienvenue sur notre site internet !

Notre site nous permet d’informer nos élèves et leurs parents. Dans les trois onglets ci-dessus (post-it) qui sont mis à jour régulièrement, vous trouverez les informations essentielles et nous restons à votre disposition pour toute question.

 

Message pour la reprise du 11 mai 2020

 

 « Pour commencer, il faut commencer, et on n’apprend pas à commencer. Pour commencer, il faut simplement du courage. »

Vladimir Jankélévitch, philosophe et musicologue français

 

Chères et Chers élèves et professeur·e·s,

 

Et pour recommencer ? On ne l’apprend pas non plus et il faut aussi une bonne dose de courage, pour recommencer. Disons-le.

J’adresse ce message aux élèves, après leur avoir écrit sept fois au fil de ces deux mois, et j’aimerais pour ce dernier texte semi-confiné inclure leurs professeur·e·s. Sans élèves et de surcroît sans enseignant·e·s, il n’y aurait pas d’école. Ils et elles sont au cœur de cette rencontre qui a lieu parce que l’on a fixé un rendez-vous entre celles et ceux qui apprennent et celles et ceux qui enseignent.

Dans sa plus simple expression, l’école ne tient qu’à ça ! Une présence mutuelle, une complémentarité nécessaire, une opportunité unique. Quand on apprend, il faut espérer et croire que l’on apprend. Quand on enseigne, on apprend toujours. Long life learning, comme cela se dit si bien en anglais. Pour le lundi 11 et le mardi 12 mai, les rendez-vous sont fixés et vous serez là. Quelques personnes ne pourront certes pas encore revenir sur leurs pas et retrouver le chemin de l’école, pour des raisons de santé ou en raison de la santé d’un·e proche. Mais nous aménagerons ce qu’il faut pour ne laisser personne au bord de la route.

Durant cette période de semi-confinement peut-être interminable pour certain·e·s et brève pour d’autres, un temps différent nous a-t-il été donné ? Avons-nous eu l’impression d’avoir plus de temps pour faire des choses ? Des choses personnelles, des choses qui nous plaisent, des choses que l’on a toujours rêvé de faire ? Peut-être, peut-être pas. Modérément, passionnément ? L’ennui a été, pour nombre d’entre nous et pour nos aînés en particulier, un compagnon de route. Il a fallu, compte tenu de cette contrainte spatio-temporelle, réinventer sa vie à la maison. Créer un chez-soi différent, un cocon particulier. Et aujourd’hui, il s’agit d’en sortir pour retrouver la vraie vie, mais pas tout à fait quand même puisque nous devrons rester prudent·e·s, si on ne veut pas que ça recommence ! Cette prudence sera notre alliée, nous devrons faire avec et compter les un·e·s sur les autres.

Personnellement, j’ai eu plus de temps pour lire que d’habitude. Et pour moi, ce fut un ravissement, une joie intérieure, des échanges aussi avec mes proches. J’ai notamment terminé un livre qui m’a beaucoup marqué : Éloge du risque d’Anne Dufourmantelle. Cette auteure, philosophe et psychanalyste, y évoque la prise de risque de nos vies, de la naissance à la mort, dans une perspective de construction de soi, avec beaucoup de finesse et de poésie aussi. Elle parle du courage qu’il faut pour se risquer à vivre. Pour celles et ceux qui ont perdu quelqu’un en ces temps troublés, cet éloge du risque peut résonner singulièrement. Anne Dufourmantelle nous dit : « La vie est un risque inconsidéré pris par nous, les vivants. ». Mais elle n’est pas du tout pessimiste, bien au contraire, elle nous donne envie de vivre mieux, de vivre vraiment. Dans un des chapitres, Prendre le risque de l’enfance, elle écrit : « Avoir espéré de toutes ses forces que quelque chose arrive, c’est avoir été enfant. […] L’inconnu est apprivoisable, il le sait. Cette intime sécurité lui permet de penser, délivre ses rêves et son attente. […] Risquer l’enfance, ça n’existe pas, je veux dire, c’est elle qui se risque en vous. » Cela nous parle, en tout cas à nous, les adultes.

Je sais que ce n’est pas facile, pour certain·e·s, de recommencer l’école dans ces conditions. Par demi-classe, un jour sur deux, et pour combien de temps ? Jusqu’à fin mai ? Plus longtemps ? La seule chose que nous espérons toutes et tous est de réussir cette épreuve collective, plus importante que tout, et de ne pas devoir se rétracter, se reclure, se recroqueviller à nouveau dans nos maisons, parce que cela n’a pas suffi. On peut toujours se dire qu’il est plus prudent de ne pas prendre de risque ! C’est une lapalissade. Mais il est tout aussi important, de trouver la juste mesure, ce bel équilibre qui nous fait à la fois tenir debout et avancer. On se souviendra longtemps de la formule de notre Ministre de la santé, de notre Conseiller fédéral Alain Berseth : « Il faut agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire. ». Entre le possible et la nécessité, il existe une ligne fine à suivre assidûment. Nous le ferons, ensemble.

C’est avec un pincement au cœur que je conclus ces lignes et je pense à cette expression utilisée quand on se quitte : « Au revoir ». S’être dit ces simples mots le 13 mars a pris un sens bien particulier, parce que l’on ne savait pas quand aurait lieu ce revoir… Et cette parole en l’air que l’on prononce si souvent se concrétise vraiment et s’incarne véritablement, dès le lundi 11 mai.

Au plaisir de vous revoir toutes et tous !

 

Pierre-Etienne Gschwind

votre Directeur

EXPO TeamUp Avril 2020

Une activité proposée à nos élèves en arts visuels:

“ToiletPaperArtChallenge”

Ci-dessous, réalisations de Giulia, Sebastian et Alan de 10e année: le confinement entre rêve et réalité…

 

 

Message du 2 mai aux élèves

« L’éternité c’est long, surtout vers la fin. »

Franz Kafka, écrivain praguois*

 

Chères et Chers élèves

 

Notre collège s’est fermé le 13 mars et il va se rouvrir le 11 mai ! Loin de moi l’idée de faire de la numérologie et d’interpréter le 13 et le 11, les jours sont ainsi et la vie aussi. Si on veut parler de nombres, j’attirerais simplement votre attention sur la durée de ces 2 mois, de ces 8 semaines, de ces 58 jours de semi-confinement qui représentent quand même 1’392 heures, soit 83’520 minutes et pour être à la seconde près : 5’011’200 de cette unité de temps qui pulse dans nos veines et dans nos cœurs !

Cette fois c’est décidé, vous allez revenir dans votre école après cette longue traversée de plus de 5 millions de secondes. Cela ne s’est pas fait sur un claquement de doigts, de loin pas, cette décision a été un long processus confié à nos élus politiques et nos médecins virologues spécialistes. Cette expérience, je la considère avant tout comme une grande leçon de modestie. Et quelle masterclass !

Nous étions finalement toutes et tous à l’école durant cette période et nous avons entendu des dizaines, voire des centaines de voix s’exprimer sur le coronavirus, sur ce qui nous arrive et sur la suite que l’on ne connaît pas encore. Pourquoi est-ce que je vous écris ces lignes au passé, comme si c’était fini ? Parce que l’espoir est au présent et me porte à penser que le 11 mai est le début de ce retour vers la normalité, vers cette vie à laquelle nous aspirons comme tout à nouveau. « L’espoir fait vivre », dit le proverbe, « mais comme sur une corde raide », s’est permis d’ajouter Paul Valéry.

Nous sommes sur la corde tendue devant nous et nous devons marcher tels des funambules, sans perdre l’équilibre et confiant·e·s en notre capacité à avancer et à atteindre notre but. Telle est l’image que j’ai envie d’évoquer à une semaine de la réouverture du Collège de Terre Sainte. Nous allons retrouver notre Rojalescence, mais nous devrons le faire avec la plus grande prudence. Chacun·e doit rester en alerte pour que cette entreprise nationale et mondiale réussisse. Alors j’espère vraiment que notre responsabilité collective sera à la mesure et à la hauteur de notre vœu à toutes et à tous : nous en sortir !

Durant cette prochaine semaine, nous allons préparer soigneusement cette école en demi-classes et en demi-groupes qui durera jusqu’à fin mai et peut-être plus longtemps, si la situation l’exige. Vous serez donc environ 10 élèves avec votre professeur·e, parfois moins ou à peine plus, et la moitié d’entre vous travaillera à la maison. Venir un jour sur deux à l’école sera un rythme très particulier qui vous permettra de reprendre tranquillement et différemment votre vie d’élève. Je sais que votre motivation principale sera de retrouver vos camarades et ami·e·s. C’est totalement légitime, mais tout le monde ne sera pas en même temps à l’école et les contacts entre vous devront être modérés. La joie des retrouvailles devra être contrôlée !

Dès le 11 mai, on vous demandera d’être consciencieusement à l’écoute et particulièrement engagé·e·s dans vos tâches. Le temps qui nous sera donné en classe sera précieux, très précieux. Les adultes qui vous encadreront, les maître·sse·s notamment, devront vraiment pouvoir compter sur vous. Certain·e·s professeur·e·s ne pourront pas être présent·e·s, tout comme certain·e·s élèves, en raison d’une situation de vulnérabilité. Mais personne ne sera abandonné, nous nous occuperons les un·e·s des autres. La solidarité et l’entraide seront toujours aussi essentielles !

Il vous reste donc une semaine pour vous préparer à revenir à l’école ! Dans l’intervalle, nous allons organiser le collège et vous donner des consignes pour que ce retour puisse durer et que chacun·e se sente en sécurité dans son collège.

Je remercie toutes et tous les professionnel·le·s qui préparent avec moi cette reprise et je me réjouis de vous revoir

 

P.-E. Gschwind, votre Directeur

 

*Cette formule est souvent attribuée à Woody Allen, mais il semblerait que ce soit Franz Kafka qui en soit l’auteur. Si je peux me permettre un conseil de lecture, notamment pour les plus grand·e·s, lisez « La Métamorphose » (die Verwandlung) de Kafka. C’est l’histoire d’un homme qui se réveille un matin et qui ne parvient plus à se lever ! En voici l’incipit : « En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. » Je trouve que cette nouvelle, publiée en 1915, résonne d’une manière particulière au sortir de cette période confinée…

Pour écouter une mini-intro à cette histoire (2’), cliquez ici.

Vous pouvez lire ce texte, en version PDF libre de droit: La Métamorphose, Franz Kafka

Message du 25 avril aux élèves et à leurs parents

 

« Dix mille difficultés ne font pas un doute. »

Isaac Newton, scientifique anglais

 

Chères et chers élèves, Chers parents,

 

Avant cette pandémie du coronavirus qui a tant remodelé notre quotidien, nous n’aurions jamais imaginé que les examens de certificat puissent être annulés. En effet, au-delà du fait qu’ils comptent dans la moyenne annuelle et qu’ils permettent aux élèves de 11e d’obtenir leur diplôme de fin de scolarité obligatoire, ces examens sont un rituel de passage vers la suite du parcours. Sans être une fin en soi, ils ont une valeur symbolique et marque ainsi le terme d’une vie d’élève, après 11 ans d’école !

En 2020, ils n’auront pas lieu puisque le collège est fermé depuis le lundi 16 mars et que l’enseignement à distance ne nous permet pas de préparer nos 11e à cette échéance de manière équitable. La valeur d’équité, si emblématique pour l’école publique, prend ainsi le pas sur la tradition et pourrait-il en être autrement ? Non, nous nous devons d’offrir les mêmes chances d’obtenir le certificat d’études à l’ensemble de nos élèves, parce qu’ils et elles méritent notre plus grande attention.

Dans mes discours de fin d’année scolaire, je dis souvent aux élèves certifiés que c’est la valeur propre de chacun·e qui détermine la valeur du diplôme qu’il ou elle obtient et que c’est la somme des compétences et des expériences cumulées qui permet d’envisager la réussite de son parcours ultérieur. « C’est simplement vous et uniquement vous qui faites la différence, toute la différence ! » Ainsi, à l’aune des conditions de promotion qui seront prochainement décidées par le Département, le certificat aura la même valeur intrinsèque : celui de vous donner le droit de poursuivre votre formation. C’est bien la chose la plus importante.

Dans ce message de reprise, après les vacances de Pâques, j’ai choisi d’évoquer ce grand homme de sciences cité en exergue, Isaac Newton. En tant que mathématicien, dans une citation qui lui est souvent attribuée, il nous propose une inégalité parfaite : « Dix mille difficultés ne font pas un doute. » Pour lui, le doute a infiniment plus de poids et d’importance que les très nombreuses difficultés que nous rencontrons. On peut s’améliorer, vaincre ce qui est difficile pour soi, mais il faudra toujours porter le doute en haute estime. Est-il préférable de douter que de croire ? Certainement pas en tout et pour tout, mais le doute est un moteur qui nous permet de nous poser des questions et celles-ci sont essentielles. Il faut savoir douter pour comprendre et pour apprendre !

Entre 1665 et 1666, une terrible épidémie de peste s’est répandue en Angleterre et a exterminé entre 75’000 et 100’000 personnes. En se retirant dans sa propriété de Woolsthorpe, Newton a pu échapper à ce désastre et se concentrer sur ses recherches. Pendant sa quarantaine volontaire, il a visiblement élaboré des théories scientifiques révolutionnaires sur le calcul, l’optique et la gravité. Connaissez-vous la pomme de Newton ? Selon la légende, elle serait simplement tombée sur la tête du scientifique et il en aurait déduit la loi sur la gravitation ! Bien évidemment, on peut se douter (oui, le doute est utile) que ce sont plutôt ses longues expériences et ses calculs assidus qui lui ont permis de faire avancer la science, mais ce déclic est aussi porteur d’espoir. Ne vous est-il jamais arrivé de comprendre tout à coup quelque chose qui vous résistait ? Quelle joie subite et quelle satisfaction intense !

À vous, nos élèves, je vous souhaite de vivre de nombreux déclics dans la suite de votre parcours d’apprenant·e qui reprend lundi, à domicile, puisque l’enseignement à distance se poursuit dès le lundi 27 avril. Prenez votre courage à deux mains, sans vous prendre la tête ! Poursuivez simplement votre route…

 

P.-E. Gschwind, Directeur

Message du 4 avril aux élèves

« Ce qui barre la route fait faire du chemin. »

Jean de La Bruyère, moraliste français

 

Chères et chers élèves,

 

Le temps passe malgré tout. Comme le dit si joliment Jules Renard dans son Journal, il passe par le trou de l’aiguille des heures… Nous sommes bientôt à Pâques et les vacances se profilent de manière très particulière, puisque vous êtes déjà à la maison et que vous ne pourrez pas partir en voyage comme vous l’aviez peut-être prévu. Le travail scolaire à distance cessera le jeudi 9 avril, pour deux semaines. Cette trêve vous permettra de vivre autre chose, à un autre rythme.

Vous avez certainement vu le nouveau logo de l’Office fédéral de la santé publique. Une maison et un soleil, avec le slogan : « Rester à la maison même par beau temps. Maintenant plus que jamais. » La tentation et le rêve de s’échapper voire de s’enfuir nous animent toutes et tous à certains moments. On n’en peut plus de rester chez soi, on a envie de voir ses ami·e·s et de vivre à nouveau normalement. C’est vrai, je ressens les mêmes désirs d’évasion que vous et je vous comprends à 100%. L’essentiel est pourtant de patienter et d’attendre.

Le seul voyage qui puisse exister en ces temps de confinement, c’est le voyage intérieur, le voyage au-dedans de soi… Difficile quand on est adolescent·e, certainement encore plus que quand on est adulte. C’est pour cette raison que je vous ai choisi, pour cette semaine, la citation de Jean de La Bruyère que j’ai mise en exergue. Vous allez faire votre chemin, sans aucun doute. Le voyage n’est pas réservé à ceux qui prennent la route. Il est ce détour que l’on doit faire pour continuer et l’obstacle nous empêche souvent de voir l’horizon. Il nous faut imaginer la suite, oui, c’est un rêve nécessaire.

Si nous étions ensemble, j’aurais envie de vous raconter une histoire pour évoquer ce que nous vivons, pour vous dire que de grandes choses se réalisent souvent à notre insu, sans que nous nous en doutions. Elle est tirée des «Petits contes de sagesse pour temps turbulents » de Henri Gougaud et je vous invite à la lire… Ne vous affolez pas, elle est courte !

Un sculpteur  se fit apporter, sur la grande place du village, un gros roc informe et compact. C’était le premier jour de l’été. Les enfants, alentours, jouaient. Quelques-uns partaient en vacances. Passa juillet. Vers la mi-août, une jeune fille (qui devait avoir à peu près votre âge) revint de chez ses grands-parents (ce que vous ne pourrez pas faire ces prochaines vacances), après un bon mois passé à la montagne. Le sculpteur avait, tout ce temps, travaillé presque jour et nuit. Il était content de son oeuvre. Du roc était né un cheval (comme vous les aimez), luisant et noir, fier, magnifique. La fille, à peine descendue de l’autobus, sur la place, resta plantée, l’air ébahi. L’artiste vint à côté d’elle, désigna l’ouvrage et lui dit : « Je l’ai fini hier. Il te plaît ? » Elle lui répondit (parce qu’elle a de la répartie, comme vous) : « Il est beau. Mais autre chose m’époustoufle. Comment pouvais-tu savoir, quand tu as vu ce gros caillou, qu’il y avait un cheval dedans ? »

Je trouve que cette histoire nous raconte ce que nous vivons actuellement. Nous sommes face à un gros bloc de pierre informe qui nous paraît lourd et dangereux. Nous pourrions tenter de le gravir, mais nous avons peur du vide et le vertige nous guette. Alors que faire ? Nous ne sommes pas des scientifiques, même si certain·e·s d’entre vous le deviendront, et nous ne pourrons pas participer à la découverte du vaccin qui pourrait nous sauver du coronavirus. Nous devons faire confiance au sculpteur qui exerce son métier et qui saura nous étonner.

Après cette courte prochaine semaine, il ne me restera plus qu’à vous souhaiter de belles vacances de Pâques. Croquez dans votre lapin au chocolat à pleines dents, éclatez de rire en constatant que vous l’avez mangé entièrement sans vous en rendre compte et tentez, à vos heures perdues, de faire tenir un oeuf sur la pointe… Pour savoir ce que Christophe Colomb a inventé, cliquez ici (merci d’ignorer l’annonce).

Je vous adresse, ainsi qu’à vos familles, de belles fêtes pascales.

 

Pierre-Etienne Gschwind, votre Directeur

Message du 27 mars aux élèves et à leurs parents

« Il n’y a pas de grandes tâches difficiles qui ne puissent être divisées en petites tâches faciles. » 

Matthieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur

 

Chères et Chers élèves, Chers parents,

 

Nous sommes à la fin de la seconde semaine de fermeture du collège et, après avoir rédigé mes deux premiers messages ci-dessous à l’attention des élèves, j’aimerais m’adresser aussi à vous, les parents. Je vous remercie de me lire et j’espère que ces lignes vous parleront.

Je sais, parce que j’ai des échos de différentes familles et que je le vis aussi avec mes grands enfants, la vie confinée n’est pas simple et demande à chaque membre d’une famille de faire un réel effort pour vivre ensemble. L’injonction de rester chez soi, indispensable mesure pour combattre le coronavirus, crée en chacun·e de nous un sentiment d’enfermement et d’isolement qui peut générer de l’abattement. Cette cohabitation 24h/24h peut aussi faire l’effet d’une loupe grossissante sur ce qui fonctionne bien et/ou ce qui pose problème. Elle demande aux enfants, aux adolescents et aux adultes de s’ajuster en permanence, dans l’espace de la maison comme dans celui des relations.

Quand je pense à cet équilibre nécessaire, je vois un mobile: chaque élément est à la juste distance des autres, tout en leur étant étroitement lié. Le principe du mobile est qu’il s’anime sous l’effet du souffle, le vent ou l’air ambiant, et qu’il change sans cesse de forme. C’est une sculpture vivante. On attribue à l’Américain Alexander Calder l’invention du mobile artistique, au début des années 1930. Dans les chambres d’enfants, notamment celles des plus jeunes, on met souvent un mobile pour les divertir et stimuler leur vue. C’est un bel objet qui peut nous inspirer en cette période de confinement.

Cliquez sur le lien suivant, pour découvrir un mobile de Calder.

Pour en venir à l’école, nous sommes pleinement conscient·e·s que nous avons mis du temps pour fournir des tâches qui permettent de reprendre le travail scolaire, à distance. Le mardi 24 mars, vous avez reçu le lien pour l’agenda en ligne TeamUp de nos différentes classes. Les maître·sse·s de classe l’ont envoyé par courriel à leurs élèves pour qu’ils et elles se responsabilisent, avec copie aux parents pour qu’ils puissent encadrer le travail à domicile. Si nous vous avons demandé de patienter durant dix jours, c’est parce que nous attendions d’obtenir cet outil officiel de communication. Nous avons pensé qu’il était plus adéquat d’attendre quelques jours et de commencer dans chaque classe de manière coordonnée.

Chers élèves et parents, nous tenons à nous excuser si cette période de latence a été un peu longue pour vous et nous pensons particulièrement aux parents qui avaient besoin de voir leur(s) enfant(s) occupé(s). L’école vaudoise à distance ne s’est pas mise en place en deux temps trois mouvements et il y aura encore des ajustements. Mais nous avons franchi un cap important et nous, les professionnel·le·s de l’enseignement, vivons une période très intense nous demandant de travailler totalement différemment. Cela nous remet beaucoup en question et nous apprenons à faire sans un paramètre essentiel: les interactions en classe et les contacts humains. Nous inventons ainsi au quotidien une autre forme d’école et le mobile que j’évoquais ci-dessus est pour nous aussi une source d’inspiration.

Faire ensemble à distance, créer de la cohérence sans pouvoir se voir et se parler, espérer que chacun·e s’implique sans avoir les moyens de tout contrôler. Lâcher prise et faire confiance, nous n’avons pas le choix et nous devons l’apprendre les uns des autres. Une belle oeuvre collective peut se créer ces temps, si les 503 élèves de nos 26 classes y participent. J’aimerais vous donner l’exemple de l’Orchestre du Théâtre National de Belgrade (Serbie) qui a interprété le célèbre «Bella ciao», en hommage au peuple italien décimé par de très nombreux décès et qui doit se mobiliser avec courage pour combattre le Covid-19. Le chef et les vingt-huit musiciens de cet orchestre se sont connectés en visioconférence pour jouer ce chant de révolte bien connu des Italien·ne·s qui célèbre l’engagement dans le combat mené par les résistants pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cliquez sur le lien suivant pour écouter ce morceau (si besoin, ignorer l’annonce): «Bella ciao»

Tout en chantonnant cet air, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à toutes et à tous une belle troisième semaine d’école à distance. « Bon courage » aux parents dans cette gestion quotidienne et « bonne volonté » aux élèves pour prendre en main leurs tâches et apprendre à faire seul·e·s. La semaine prochaine, d’autres outils seront proposés aux classes par les enseignant·e·s, notamment Zoom qui permettra aux élèves par un simple clic sur un lien qui leur sera envoyé par mail, de participer à des moments d’interaction par groupes. Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir à explorer, à découvrir et à avancer dans vos apprentissages !

Avec mes plus chaleureuses salutations,

 

Pierre-Etienne Gschwind

Directeur

 

PS: pour les parents, je vous propose de découvrir le texte « L’école à la maison? ABC de pédagogie pour temps d’épidémie » d’Olivier Maulini, professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Genève. Vingt-six mots, en forme d’abécédaire, qui vous permettront de choisir ceux qui vous parlent le plus et de réfléchir à ce que vous vivez en famille, en cette période d’enseignement à domicile.

Cliquez pour:

entendre Olivier Maulini dans avis d’expert

lire «L’école à la maison? ABC de pédagogie pour temps d’épidémie»

Message du 21 mars 2020 aux élèves

« J’ai des questions à toutes vos réponses. »

Woody Allen, cinéaste américain

 

Chères et Chers élèves,

 

Notre collège est d’un vide sidéral et il résonne comme un coquillage où l’on n’entend plus la mer. Depuis une semaine, vos voix ne montent plus jusqu’à la voûte céleste du deuxième étage qui ouvre sur le bleu du ciel des lendemains meilleurs. Le bruit de votre absence, c’est le silence.

Heureusement, à notre époque, nous n’avons pas besoin de pigeons voyageurs pour vous envoyer des messages. En ces temps, les technologies de la communication ont certes pris le pas sur les contacts humains, mais quelle chance nous avons de pouvoir nous lire et nous entendre à distance.

J’aimerais m’adresser tout particulièrement à celles et à ceux d’entre vous qui s’inquiètent pour demain, pour la fin de l’année scolaire, pour leurs examens de certificat, pour la suite de leurs études gymnasiales ou leur formation professionnelle, pour leur avenir… Je tiens à vous dire que des solutions seront trouvées et que nous travaillerons à les chercher dans votre intérêt, dans le but de vous donner ce qu’il vous faut pour continuer. Le monde s’est arrêté, des millions d’élèves ne vont plus à l’école et partagent les mêmes soucis que vous. Faites-nous confiance et investissez-vous dans ce que vous pouvez apprendre durant cette période si particulière où l’on doit rester chez soi.

J’aimerais aussi m’adresser à celles et ceux qui s’ennuient déjà à la maison, parce que les copains et les copines sont plus important·e·s que tout et que le simple fait de venir à l’école permet ces rencontres qui ne sont plus. Vous savez, à force de s’ennuyer, on finit par trouver le chemin vers des occupations différentes, vers un temps pour soi qui permet de se retrouver. Je sais que ce n’est pas facile quand on est adolescent·e·s, mais vous devez absolument et concrètement respecter les décisions que prennent nos médecins et nos politiques pour nous sortir de cette épidémie (du latin epidemia qui signifie “à la maison”) qui est devenue une pandémie (du grec pan qui signifie ”tout” et demos qui signifie ”peuple”). Chacun·e doit s’impliquer dans ce combat contre ce satané virus, c’est une responsabilité collective. Prenez vos distances, vraiment prenez-les !

Durant cette première semaine de fermeture de l’école, nos équipes d’enseignant·e·s vous ont préparé du travail, en adaptant leur enseignement aux outils qui se mettent en place pour tous les élèves vaudois. Ces outils sont limités car nous devons faire attention à ce que l’enseignement dispensé reste équitable et accessible. Ce qui va changer le plus pour vous, c’est que vous ne pourrez pas poser autant de questions que vous en avez l’habitude. C’est pour cela que je vous ai mis cette citation de Woody Allen en exergue de ce message. En effet, chaque réponse suscite beaucoup de questions, si on veut bien, et les questions sont certainement encore plus importantes que les réponses. Bien sûr, en tant qu’élèves, vous avez l’habitude que l’on vous réponde. Et bien là, vous devrez apprendre à trouver les réponses en vous posant les questions à vous-mêmes. Certes, vos maître·sse·s vous donneront des corrigés pour que vous puissiez savoir si la résolution de votre problème de mathématiques, par exemple, est juste. Mais ne tombez pas dans le piège de la simple bonne réponse, soyez plus malin·e·s et demandez-vous: pourquoi cette réponse est-elle la bonne ? existe-t-il d’autres réponses possibles ? C’est au prix de cet effort que vous apprendrez.

Pour terminer, je souhaite vous dire quelque chose de la plus haute importance. Dans vos familles, vos parents sont souvent aussi confinés à la maison et doivent également faire leur travail à distance. J’ai eu trois enfants adolescents et je sais que ce ne doit vraiment pas être facile de vivre et de travailler de manière aussi rapprochée. Vos parents ne sont pas vos enseignant·e·s, ce sont vos parents. Ils ne sont pas à la maison pour vous faire l’école, mais ils peuvent vous aider, vous encourager et vous motiver. Suivez leurs conseils, mais travaillez par vous-mêmes. Ces derniers jours, vos maître·sse·s de classe ont pris contact avec vous et, dès que le travail sera mis dans l’agenda en ligne TeamUp, vos autres enseignant·e·s seront disponibles pour des prises de contact. Là aussi, soyez conscient·e·s que vos maître·sse·s ont souvent plus de cent élèves à gérer à distance. Ils et elles ne pourront pas passer leur temps à répondre à des mails ou des téléphones, mais soyez certain·e·s qu’ils ou elles vous répondront, si besoin. Développez la solidarité entre vous, on apprend mieux en expliquant aux autres.

Il ne me reste plus qu’à vous remercier de m’avoir lu et à vous souhaiter une belle semaine. Prenez soin de vous et de vos proches, en vous protégeant les uns les autres.

Mes plus cordiales salutations à vous et à vos familles,

 

Pierre-Etienne Gschwind

votre Directeur

 

Message du 14 mars 2020 aux élèves

« Comment vivre sans inconnu devant soi ? »

René Char,  poète français

 

Chères et chers élèves,

 

Je n’aurais jamais imaginé devoir m’adresser un jour à vous ainsi. Je le fais parce que je veux vous parler et que je ne peux pas vous réunir.

Il ne me reste donc que des mots écrits pour vous dire ce que j’ai à vous dire. Merci de me lire et de réfléchir au sens de ce que j’évoque dans ces lignes.

Comme vous le savez, sur décision de nos autorités fédérales et cantonales et afin d’éviter la propagation du coronavirus, votre collège sera fermé dès le lundi 16 mars et jusqu’à fin avril 2020.

Cette situation exceptionnelle de fermeture des écoles répond à une nécessité sanitaire et a pour but de protéger les personnes de plus de 65 ans, soit vos grands-parents, ainsi que les personnes fragiles dans leur santé. Cette mesure est donc un acte de solidarité indispensable pour sauver des vies. Même si vous êtes jeunes, vous savez que le prix de la vie est inestimable et, en ces circonstances, nous devons toutes et tous en prendre la mesure.

L’enseignement ne sera pas dispensé en classe pendant ces 4 prochaines semaines, soit jusqu’à Pâques, mais vos maître·sse·s oeuvreront à distance pour vous fournir du travail. Le but est que vous puissiez continuer à apprendre et à avancer dans les programmes des degrés 9, 10 ou 11. J’en appelle donc à votre responsabilité pour faire ce qui vous sera demandé. Avec l’aide de vos parents, vous devrez vous organiser à votre domicile et vous astreindre à un horaire. Ce ne sera pas facile pour vous et la tentation sera forte de vous croire “en vacances”. Il vous faut donc prendre votre élan pour gagner en autonomie, c’est l’occasion rêvée ! Nous vous y encourageons vivement et vous soutenons à distance.

Actuellement, nous sommes à la recherche de moyens techniques pour communiquer avec vous et organiser le travail scolaire (e-mail, dropbox, etc.). Cela nous prendra quelques jours. Nous utiliserons les courriels de vos parents pour qu’ils puissent prendre connaissance de nos messages et vous encadrer, en tant que responsables légaux. Nous serons en contact avec vous et avec eux par téléphone, si besoin.

Je vous souhaite au nom de tous les professionnel·le·s du Collège de Terre Sainte une période aussi constructive et motivante que possible. N’oubliez jamais que le moteur pour apprendre, c’est vous !

Avec mes plus chaleureux messages et mes meilleurs voeux,

 

Pierre-Etienne Gschwind

votre Directeur

 

PS: afin de vous protéger n’oubliez pas de respecter les règles sanitaires de base que nous vous avons communiquées à l’école ces derniers temps. Pour rappel, cliquez sur le lien ci-dessous:

affiche_nouveau_coronavirus_voici_comment_nous_proteger-2

ou visitez le site suivant:

https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/ausbrueche-epidemien-pandemien/aktuelle-ausbrueche-epidemien/novel-cov/so-schuetzen-wir-uns.html

Horaires du secrétariat
7h45 - 16h30
Horaire spécial "période coronavirus": 8h00 - 12h00
Rte de Founex 31
Case Postale 60
1296 Coppet
T: +41 22 557 58 00
Circulaires

Bâtiment scolaire

Établissement secondaire de Coppet – Terre Sainte

En Rojalets

Route de Founex 31

Case postale 60

1296 Coppet

 

Nombre de classe(s)
26
Cycle(s) et degré(s)
9 / 10 / 11
Concierge(s)
M. Carlos DA COSTA

Bâtiment scolaire

Agenda

Prochains événements

Prochaines vacances

.
.
.
04 juillet 2020 - 23 août 2020
Vacances d’été
timeline_arrow
.
21 septembre 2020
Lundi du Jeûne fédéral
timeline_arrow
.
10 octobre 2020 - 25 octobre 2020
Vacances d’automne
timeline_arrow
.
19 décembre 2020 - 03 janvier 2021
Vacances d’hiver
timeline_arrow
.
20 février 2021 - 28 février 2021
Relâches
timeline_arrow
.
.
Agenda
04 juillet 2020 - 23 août 2020
Vacances d’été
21 septembre 2020
Lundi du Jeûne fédéral
10 octobre 2020 - 25 octobre 2020
Vacances d’automne
19 décembre 2020 - 03 janvier 2021
Vacances d’hiver
20 février 2021 - 28 février 2021
Relâches